Rénovation & Restauration

Puits de lumière : les différents types, prix posé et installation

Dôme, plat, conduit tubulaire, verrière ou ouvrant : les différents puits de lumière comparés, le bon modèle selon votre toiture (tuiles, ardoise, bac acier, toit plat), les prix posés et les étapes d'installation.

Jean-Paul Lefèvre27 avril 202610 min de lecture
Puits de lumière : les différents types, prix posé et installation

Un puits de lumière est une ouverture fixe dans le toit qui amène la lumière du jour dans une pièce qui en manque : couloir, salle de bains, dressing, cage d'escalier. Il en existe cinq grandes familles : le dôme, le puits plat, le conduit de lumière tubulaire, la verrière sur mesure et le modèle ouvrant. Le bon choix dépend d'abord d'une mesure : la distance entre le toit et le plafond de la pièce.

Ce guide compare les différents puits de lumière, indique lequel poser selon votre toiture (tuiles, ardoise, bac acier, toit plat), donne les prix posés et décrit l'installation, de la découpe du chevron jusqu'au diffuseur.

Les différents puits de lumière : le comparatif

DômePlatTubulaire (conduit de lumière)Verrière sur mesureOuvrant
Distance toit-plafondFaible (pièce sous le toit)FaiblePlusieurs mètres possiblesDirecteFaible
ToiturePlate ou en pentePlate ou en penteToutesPlate ou faible pente le plus souventPlate ou en pente
Lumière apportéeForteForteMoyenne, baisse avec la longueurTrès forteForte
Travaux sur la charpenteChevêtre souvent nécessaireChevêtre souvent nécessairePasse en général entre deux chevronsLourds, étude nécessaireChevêtre souvent nécessaire
Prix posé indicatif800 à 1 800 €900 à 2 000 €600 à 1 500 €3 000 € et plus1 500 à 3 500 €
Pour quelle piècePièce sous combles, extensionToit-terrasse, toiture où l'on veut de la discrétionCouloir, salle d'eau, pièce au milieu de la maisonSéjour, atelierSalle de bains, cuisine

La règle qui tranche

Si la pièce est juste sous le toit, sans combles entre les deux, un dôme ou un puits plat apporte le plus de lumière. Si des combles perdus ou un étage séparent la pièce de la toiture, seul un conduit de lumière tubulaire est réaliste.

Le puits de lumière à dôme

C'est le modèle le plus répandu. Une coupole bombée en acrylique ou en polycarbonate est posée sur une costière (un cadre qui surélève le dôme au-dessus de la couverture). Sa forme bombée capte la lumière même quand le soleil est bas, et la pluie glisse dessus sans stagner. Sous le dôme, un caisson isolé descend jusqu'au plafond de la pièce.

Préférez l'acrylique au polycarbonate si la grêle n'est pas un risque important chez vous. L'acrylique jaunit moins avec les UV. Le polycarbonate résiste mieux aux chocs. Un dôme double paroi limite la condensation et les pertes de chaleur.

Le puits de lumière plat

Un vitrage plat, souvent un double vitrage feuilleté, remplace le dôme. Sur un toit-terrasse, il est posé sur une costière légèrement inclinée pour que l'eau s'écoule. En toiture en pente, il s'intègre dans le plan de la couverture et se voit à peine depuis la rue. Il isole généralement mieux qu'un dôme, mais il se salit plus vite sur un toit plat : l'eau y ruisselle moins bien.

Le conduit de lumière tubulaire

Un petit dôme capte la lumière sur le toit. Un tube dont l'intérieur est un miroir la conduit jusqu'au plafond, et un diffuseur la répartit dans la pièce. C'est la solution des pièces sans contact avec le toit : couloir central, salle d'eau au rez-de-chaussée sous des combles perdus, dressing.

  • Diamètre : de 25 à 35 cm environ pour une maison. Un diamètre plus grand transporte plus de lumière, mais il est plus difficile à faire passer entre deux chevrons.
  • Tube rigide ou souple : le tube rigide transmet nettement mieux la lumière. Le tube souple contourne les obstacles, mais il en perd beaucoup. On le réserve aux trajets courts.
  • Longueur et coudes : chaque mètre et chaque coude réduisent la lumière qui arrive en bas. Le trajet le plus droit possible donne le meilleur résultat.

Son grand avantage pour la charpente : avec son petit diamètre, le conduit passe le plus souvent entre deux chevrons ou deux fermettes, sans rien couper.

La verrière sur mesure

Pour un séjour, un atelier ou une extension, on peut créer une grande ouverture vitrée dans le toit, posée sur une structure en aluminium ou en acier. La lumière est maximale, mais la surchauffe aussi : un vitrage à contrôle solaire et une protection extérieure (store, brise-soleil) sont presque obligatoires. Ce type d'ouvrage modifie la charpente en profondeur et passe par une étude.

Le puits de lumière ouvrant

Certains dômes et puits plats s'ouvrent, à la main, avec une manivelle ou un moteur, parfois avec un capteur de pluie qui les referme automatiquement. Ils apportent la lumière et évacuent l'air humide. C'est un bon choix pour une salle de bains ou une cuisine. Ils sont plus chers, et leur mécanisme demande un peu d'entretien.

Puits de lumière, fenêtre de toit ou conduit : ne pas confondre

DispositifCe qu'il faitLa différence
Puits de lumièreAmène la lumière par le toit dans la pièce juste en dessousFixe en général, pas de vue sur l'extérieur
Fenêtre de toitLumière, aération, vue sur le cielS'ouvre, se pose dans la pente d'un toit incliné, pour une pièce sous rampants
Conduit de lumièreTransporte la lumière sur plusieurs mètresPetit diamètre, passe à travers des combles ou un étage
LanterneauOuverture vitrée en toiture plate, souvent pour l'éclairage et le désenfumageSurtout en bâtiment tertiaire ou industriel

Une fenêtre de toit suppose que la pièce soit directement sous la pente, avec des rampants isolés. Dans une maison à combles perdus, la fenêtre de toit éclairerait les combles, pas la pièce : c'est là que le puits de lumière ou le conduit prend le relais.

Quel puits de lumière selon votre toiture ?

Toiture en tuiles

Le cas le plus courant. Le fabricant fournit un kit de raccordement (une collerette souple, souvent en plomb ou en aluminium plissé) adapté au profil de la tuile : plate, mécanique, canal. Les tuiles sont recoupées autour de l'ouverture, et la collerette passe sous les tuiles en amont et par-dessus en aval, pour que l'eau soit toujours renvoyée vers l'extérieur. Si le dôme est trop large pour passer entre deux chevrons, un chevron doit être coupé et repris par un chevêtre.

Toiture en ardoise

Même principe, avec des abergements adaptés à l'ardoise, plus fins. La découpe des ardoises autour de l'ouverture demande de la précision. Sur les ardoises naturelles anciennes, prévoyez quelques ardoises de rechange : certaines cassent toujours au démontage.

Toiture en bac acier

Sur un toit en bac acier, deux solutions existent :

  • La plaque translucide : on remplace une plaque d'acier par une plaque en polycarbonate de même profil. C'est la solution la plus simple et la moins chère, courante sur les garages, les ateliers et les bâtiments agricoles. Elle éclaire beaucoup, mais elle isole mal.
  • Le puits de lumière sur costière : on découpe une ouverture dans la tôle et on pose une costière en acier dont l'embase reprend exactement le profil des nervures du bac. Le dôme ou le vitrage vient dessus. C'est la solution pour une pièce isolée et chauffée.

Dans les deux cas, l'étanchéité se joue au profil : une costière ou une plaque qui ne correspond pas exactement aux ondes du bac fuira. La découpe se fait à la grignoteuse ou à la cisaille, jamais à la meuleuse, dont les étincelles brûlent le revêtement de la tôle et la font rouiller. Si la charpente doit être modifiée pour l'ouverture, notre article sur l'écartement des chevrons sous bac acier rappelle les portées à respecter.

Toit plat ou toit-terrasse

C'est le terrain naturel du dôme et du puits plat. Le point critique est le relevé d'étanchéité : la membrane du toit doit remonter sur la costière, sur une hauteur suffisante pour que l'eau stagnante ou la neige ne passe jamais par-dessus. Le puits ne se place pas dans un point bas du toit, là où l'eau s'accumule.

Prix d'un puits de lumière posé

TypeFourniture seulePosé (fourniture + main-d'œuvre)
Conduit de lumière tubulaire250 à 900 €600 à 1 500 €
Puits à dôme300 à 1 000 €800 à 1 800 €
Puits plat500 à 1 300 €900 à 2 000 €
Puits ouvrant motorisé900 à 2 200 €1 500 à 3 500 €
Plaque translucide sur bac acier40 à 120 € la plaque150 à 400 €
Verrière sur mesureSur devis3 000 € et plus

Ce qui fait varier la facture :

  • La charpente. Couper un chevron et poser un chevêtre ajoute une demi-journée à une journée de charpentier. Sur une charpente en fermettes, on ne coupe pas sans l'accord du fabricant ou d'un bureau d'études. On choisit plutôt un modèle qui passe entre deux fermettes.
  • L'accès. Un échafaudage ou une nacelle peuvent coûter autant que la pose elle-même sur une maison haute.
  • La longueur du conduit, pour un modèle tubulaire : chaque mètre et chaque coude en plus.
  • Les finitions intérieures : reprise du plafond, de l'isolant et de la peinture autour du diffuseur ou du caisson.

Ce que doit contenir un devis de pose

Pour comparer deux devis d'installation, vérifiez qu'ils précisent :

  • la marque, le modèle et les dimensions du puits ;
  • le kit de raccordement à la couverture (adapté à votre tuile, ardoise ou bac) ;
  • les travaux de charpente : chevêtre ou non, et qui les réalise ;
  • la reprise de l'isolation et du pare-vapeur autour du caisson ;
  • les finitions intérieures, comprises ou non ;
  • l'attestation d'assurance décennale de l'entreprise, puisque l'on touche à l'étanchéité du toit.

Installation d'un puits de lumière : les étapes

1. Repérer l'emplacement depuis les combles. On cherche la position où l'ouverture tombe entre deux chevrons, ou en coupe le moins possible, et où le trajet vers le plafond est le plus droit. On évite les pannes, les entraits et les conduits de fumée.

2. Préparer la charpente. Si l'ouverture est plus large que l'écartement des chevrons, on étaye, on double les chevrons voisins, on pose un chevêtre haut et un chevêtre bas, et seulement ensuite on coupe. L'ordre est impératif. Notre article sur le chevêtre en charpente détaille chaque geste.

3. Ouvrir la couverture. On dépose les tuiles ou les ardoises sur la zone, on incise l'écran de sous-toiture et on le relève sur le pourtour de l'ouverture.

4. Poser le cadre et le raccord d'étanchéité. Le cadre ou la costière est fixé sur la charpente. Le kit de raccordement est posé selon le principe de la pose à l'eau : sous la couverture en amont, par-dessus en aval. Les tuiles sont recoupées et reposées autour.

5. Poser le dôme ou le vitrage, puis, pour un modèle tubulaire, descendre le conduit jusqu'au plafond.

6. Traiter l'isolation et l'étanchéité à l'air. L'isolant est remonté contre le caisson ou autour du conduit, et le pare-vapeur est raccordé avec un adhésif adapté. C'est l'étape la plus souvent bâclée, et la cause de la plupart des problèmes de condensation.

7. Ouvrir le plafond et poser le diffuseur, puis reprendre les finitions.

Le poseur expérimenté met en général une journée pour un conduit tubulaire, une à deux journées pour un dôme avec chevêtre.

Démarches : faut-il une autorisation ?

Poser un puits de lumière modifie l'aspect extérieur de la toiture. Dans la plupart des communes, il faut donc déposer une déclaration préalable de travaux en mairie avant de commencer. Le délai d'instruction est en principe d'un mois, et il est allongé dans les secteurs protégés (abords de monuments historiques, sites patrimoniaux), où l'architecte des Bâtiments de France donne son avis. Le plan local d'urbanisme peut aussi imposer des règles sur les ouvertures en toiture. Notre article sur le choix entre permis de construire et déclaration préalable détaille la procédure.

Côté aides, un puits de lumière posé seul n'entre pas dans les gestes financés par MaPrimeRénov'. Vérifiez votre cas sur le simulateur officiel de France Rénov' si les travaux font partie d'une rénovation plus large.

Inconvénients et problèmes à éviter

  • Les infiltrations : presque toujours dues à un raccord de couverture mal posé ou à un kit qui ne correspond pas au profil de la tuile ou du bac. Si une fuite apparaît, notre guide sur les infiltrations de toiture aide à en trouver l'origine.
  • La condensation : de la buée ou des gouttes sur le dôme ou dans le caisson, surtout dans les pièces humides. Les parades : un dôme double paroi, un isolant bien remonté, un pare-vapeur continu et une ventilation qui fonctionne dans la pièce.
  • La surchauffe en été sous les grands puits et les verrières. Un vitrage à contrôle solaire ou un store règle le problème.
  • La perte de chaleur en hiver si le caisson n'est pas isolé : le puits devient un trou froid dans le plafond.
  • Le jaunissement des dômes en polycarbonate bas de gamme au fil des années, qui fait baisser la lumière.

Entretien

Un nettoyage du dôme ou du vitrage une à deux fois par an, à l'eau savonneuse avec une éponge non abrasive. Un contrôle des raccords et des joints à la même occasion, depuis les combles si possible. Sur un toit plat, on retire régulièrement les feuilles et les dépôts autour de la costière. Un puits de lumière bien posé et entretenu dure des décennies.

Le puits de lumière touche toujours la charpente et la couverture. Pour le haut du toit, voir notre guide sur le faîtage, et pour tout projet de reprise de la toiture, comment choisir ses tuiles lors d'une rénovation. Les autres sujets de rénovation sont dans la rubrique rénovation et restauration.

Questions fréquentes

Besoin d'un charpentier ?

Decouvrez nos guides pour trouver le bon professionnel pres de chez vous.

Voir nos guides