Termites ailés : les reconnaître et que faire tout de suite
Termites ailés ou fourmis volantes ? Quatre ailes égales, antennes droites, corps d'un bloc : les reconnaître, ce que leur sortie révèle de la maison et quoi faire.
Termites ailés ou fourmis volantes ? Quatre ailes égales, antennes droites, corps d'un bloc : les reconnaître, ce que leur sortie révèle de la maison et quoi faire.
Un après-midi chaud, des dizaines de petits insectes noirs sortent d'une plinthe, d'un joint de carrelage ou d'une fissure dans le mur. Ils volent maladroitement vers la fenêtre, puis le sol se couvre de petites ailes translucides. Le réflexe est de penser à des fourmis volantes. C'est souvent le cas. Mais si ce sont des termites ailés, la scène que vous venez de voir dit quelque chose de précis sur votre maison, et elle appelle des gestes précis. Ce guide vous aide à reconnaître un termite volant, à le distinguer d'une fourmi, à comprendre ce que sa sortie révèle, et à réagir sans aggraver la situation.
Le termite ailé n'est pas une espèce à part. C'est un membre de la colonie, avec un rôle particulier : celui de reproducteur. Une colonie de termites compte surtout des ouvriers, aveugles et sans ailes, qui creusent, transportent et se nourrissent du bois. Elle compte aussi des soldats, qui la défendent. Et, à certains moments, elle produit des individus ailés, mâles et femelles, dont la seule mission est de partir fonder une nouvelle colonie.
Leur sortie porte un nom : l'essaimage. Les ailés quittent le nid tous ensemble, par une ouverture que les ouvriers ont préparée. Ils volent peu de temps et peu loin. Puis ils se posent, perdent leurs ailes, qui se détachent d'elles-mêmes, et forment des couples. La plupart meurent dans les heures qui suivent. Quelques-uns trouvent un sol humide et un bois à proximité, et une nouvelle colonie commence.
En France, les termites qui s'attaquent aux maisons sont des termites souterrains. La colonie vit dans le sol, à l'abri de la lumière et de la sécheresse. Les ouvriers montent chercher la cellulose dont ils se nourrissent : bois de charpente, plinthes, huisseries, parquets, mais aussi papier et carton. Ils ne se montrent jamais. Les ailés sont donc souvent le seul signe visible d'une colonie qui travaille depuis longtemps.
Beaucoup de lecteurs cherchent des photos de termites volantes pour comparer avec ce qu'ils ont trouvé. Voici ce qu'il faut regarder, comme on lirait la légende d'une bonne photo.
Le corps est sombre, brun foncé à presque noir. C'est pour cela qu'on parle souvent de « termites noires volantes ». Il est petit, allongé, et surtout d'une seule pièce : pas de taille marquée entre le thorax et l'abdomen.
Les ailes sont au nombre de quatre, et c'est le signe le plus parlant. Elles ont toutes la même longueur et la même forme. Elles dépassent nettement l'arrière du corps. Translucides ou légèrement fumées, elles portent un fin réseau de nervures. Au repos, elles sont posées à plat, l'une sur l'autre, le long du dos.
Les antennes sont droites. Elles ressemblent à un petit chapelet de perles et ne forment pas de coude.
Les ailes tombées sont souvent ce qu'on remarque en premier. On les trouve en petits tas sur les rebords de fenêtre, au pied des portes vitrées, sous les lampes, sur le carrelage. Les ailés sont attirés par la lumière, ils s'y regroupent, puis se débarrassent de leurs ailes.
Pour qu'un professionnel identifie l'insecte sur photo, cadrez de près un individu entier, ailes visibles, sur un fond clair. Une feuille blanche suffit. Ajoutez une photo des ailes tombées et une photo de l'endroit d'où ils sont sortis. Ces trois images valent mieux qu'un long récit.
Les fourmis volantes sont bien plus fréquentes que les termites ailés. Elles essaiment elles aussi, en masse, souvent par temps orageux. La confusion est donc normale. Trois critères suffisent pour trancher.
| Critère | Termite ailé | Fourmi volante |
|---|---|---|
| Ailes | Quatre ailes de même longueur, plus longues que le corps | Deux grandes ailes à l'avant, deux plus petites à l'arrière |
| Corps | D'une seule pièce, sans taille marquée | Taille très fine entre le thorax et l'abdomen |
| Antennes | Droites, en chapelet | Coudées, en forme de genou |
Le critère du corps est le plus facile à voir à l'œil nu. Une fourmi a une « taille de guêpe ». Un termite n'en a pas. Si vous hésitez entre termites noires volantes et fourmis noires volantes, c'est donc le premier détail à regarder.
Un dernier insecte entre parfois dans la confusion : l'abeille charpentière. Elle n'a rien à voir. C'est une grosse abeille solitaire, noire aux reflets bleutés, qui creuse son nid dans le bois sec, sans colonie et sans essaimage.
L'essaimage a lieu surtout au printemps, par une journée chaude et lourde, souvent après une pluie. Les ailés sortent en plein jour. Le phénomène dure peu. Une heure plus tard, il ne reste parfois que les ailes au sol et quelques insectes qui errent.
Le lieu de sortie compte autant que l'insecte. À l'extérieur, au pied d'une souche ou d'un vieux piquet de clôture, il signale une colonie dans le jardin. C'est une information, pas encore une alarme. À l'intérieur, c'est une autre histoire. Les ailés sortent alors par une fissure dans une dalle, un joint de carrelage, l'arrière d'une plinthe, un encadrement de porte, une gaine électrique ou un trou dans une cloison.
Une sortie dans la maison veut dire que les ouvriers ont déjà atteint le bâti. Ils ont creusé ou construit un chemin depuis le sol jusqu'à l'endroit d'où les ailés ont pu partir. C'est pour cela qu'on ne prend pas une sortie intérieure à la légère.
Un essaimage peut aussi se répéter. Une même colonie produit parfois plusieurs vagues d'ailés au cours de la saison, à quelques jours d'intervalle, toujours par le même chemin. Si vous retrouvez des ailes au même endroit plusieurs fois, notez-le : c'est un indice fort sur l'emplacement de la galerie qui débouche dans la pièce.
Une colonie ne produit pas d'ailés dès sa naissance. Elle le fait quand elle est installée et assez peuplée pour se reproduire. Un essaimage dans la maison signale donc, le plus souvent, une colonie présente depuis un moment, qui a eu le temps de s'étendre.
Les ouvriers, eux, restent invisibles. Ils craignent la lumière et l'air sec, et ils travaillent à l'intérieur du bois en laissant la surface intacte. Un bois attaqué peut paraître sain. Il faut donc chercher les autres signes, ceux qu'ils laissent derrière eux.
Les cordonnets. Ce sont de petits tunnels de terre agglomérée, de la largeur d'un crayon, que les termites construisent pour circuler à l'abri de la lumière. On les voit sur un mur de cave, le long d'une fondation, sur une canalisation, derrière une plinthe.
Le bois qui sonne creux. On frappe une plinthe, une huisserie ou une marche avec le manche d'un tournevis. Un bois sain rend un son plein. Un bois attaqué sonne creux, et la lame s'y enfonce sans résistance.
Le bois feuilleté. Ouvert, le bois montre des galeries qui suivent le fil, séparées par de fines lamelles. Les termites mangent le bois tendre de printemps et laissent le bois plus dur. Les galeries sont souvent tapissées de terre.
Le papier et le carton. Des cartons rongés dans une cave, du papier peint qui gondole sur une cloison, des archives abîmées par le dessous. Les termites ne font pas la différence entre une poutre et un carton.
L'humidité. Les termites souterrains ont besoin d'eau. Une fuite ancienne, un mur qui remonte l'humidité, un vide sanitaire mal ventilé ou un bois posé au contact d'une maçonnerie mouillée leur offrent un terrain idéal. Là où le bois reste humide, il faut chercher en premier.
Où regarder en priorité : les pieds de murs, les caves et les vides sanitaires, les bois en contact avec le sol ou avec une maçonnerie humide, puis les huisseries et les planchers du rez-de-chaussée. La charpente vient ensuite, en commençant par les sablières et les pieds de fermes, là où le bois touche le mur.
Les bons gestes sont simples et ne coûtent rien. Ils servent à garder une preuve et à aider le diagnostic.
Les mauvais gestes, eux, sont tentants. Le premier est de pulvériser un insecticide du commerce sur les ailés ou sur la fissure. Vous tuez des reproducteurs qui seraient morts de toute façon, et vous ne touchez pas la colonie, qui est dans le sol. Pire, un produit répulsif peut pousser les ouvriers à ouvrir un autre chemin, ailleurs dans la maison, et brouiller le diagnostic.
Le deuxième est d'arracher les plinthes ou de casser un doublage pour « voir ». On détruit les cordonnets et les indices que le technicien aurait lus. Le troisième est de boucher la fissure au mastic en pensant régler la question. Les ailés ne sortiront plus là, mais la colonie reste en place.
Enfin, une démarche est obligatoire : déclarer la présence de termites à la mairie. En France, l'occupant d'un bâtiment qui constate la présence de termites doit en faire la déclaration. Cette déclaration sert à cartographier les zones infestées et à protéger les voisins, car une colonie ne s'arrête pas à une limite de propriété. La mairie vous dira sous quelle forme la faire.
La suite passe par un diagnostic réalisé par un professionnel certifié. Il sonde les bois, cherche les cordonnets, inspecte la cave, le vide sanitaire, les pieds de murs et les bois de structure. Il dit si la maison est atteinte, où, et jusqu'où. C'est ce document qui fonde le choix du traitement.
Deux grandes familles de traitement existent. Les pièges appâts sont posés autour de la maison et parfois à l'intérieur. Les ouvriers y prélèvent une matière qu'ils rapportent au nid, et la colonie entière finit par disparaître. La barrière chimique consiste à injecter un produit dans le sol et dans le pied des murs, par des perçages réguliers, pour empêcher les termites de remonter. Les bois atteints sont traités en complément, par injection ou en surface. Le choix entre ces méthodes dépend de la maison, du sol et de l'étendue de l'attaque. C'est au professionnel de le justifier.
Vient ensuite la question du bois. Un traitement tue les termites, il ne rend pas sa résistance à une pièce mangée de l'intérieur. Une fois le traitement fait, chaque pièce touchée doit être sondée. Une plinthe se remplace. Une sablière, un pied de ferme ou une solive ont pu perdre une partie de leur section. Selon les cas, on purge le bois atteint et on reconstitue la pièce, on la double, ou on la remplace. Pour le renforcement d'une charpente en bois abîmée, les méthodes sont les mêmes quel que soit l'insecte en cause.
Un dernier point concerne la vente. Dans les communes situées en zone délimitée par arrêté préfectoral, la vente d'un logement impose un diagnostic termites, annexé au compromis. Une infestation déclarée et traitée vaut mieux, pour un acheteur, qu'une infestation découverte au moment de signer.
Reste la prévention, qui se joue surtout sur l'humidité et sur le contact entre le bois et le sol. Un tas de bois de chauffage contre la façade, des planches stockées dans le vide sanitaire, une souche laissée au pied du mur, une gouttière qui déverse au pied de la maison : autant d'invitations. On les supprime. On ventile la cave et le vide sanitaire. On surveille chaque printemps les rebords de fenêtre et les pieds de murs, là où les ailes tombent. Et lors de travaux, on choisit pour les bois exposés une essence durable ou un bois traité pour sa classe d'emploi. Un bois sec, aéré et éloigné du sol reste la meilleure protection.
Humidité, champignons, insectes : les désordres d'une charpente ancienne ont chacun leur cause et leur remède, et les guides de Charpentiers France les détaillent un par un.
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